Le Père Goriot est un roman dense, structuré, dramatique. À la différence du Vieux couple heureux, il a une intrigue forte avec un drame qui monte vers la mort. La structure est tendue : Balzac a divisé le roman en quatre parties qui suivent la chute du père et la corruption du fils (Rastignac).
Le Père Goriot est un roman d'environ 400 pages, structuré en 4 grandes parties. Il combine plusieurs intrigues qui s'entrelacent :
Le drame du père abandonné par ses filles. Sa déchéance progressive jusqu'à la mort.
Le jeune provincial qui découvre Paris et apprend les lois de la société.
Le bagnard évadé qui veut corrompre Rastignac par un crime.
Ces trois fils se croisent à la pension Vauquer. Cette pension parisienne miteuse est le cadre central du roman, l'endroit où vivent Goriot, Rastignac, Vautrin, et où Balzac peint la misère sociale.
Le roman s'ouvre par une longue description de la pension Vauquer, située rue Neuve-Sainte-Geneviève (aujourd'hui rue Tournefort) à Paris. Cette pension concentre toute la misère sociale de l'époque.
Bâtiment vétuste, sale, sentant le moisi. Tapisserie déchirée, meubles usés. Balzac écrit que « cette pièce sent le renfermé, le moisi, le rance » — descriptions physiques qui révèlent le moral des occupants. La pension est une métaphore de la déchéance sociale.
Madame Vauquer (la propriétaire âpre au gain), Mlle Michonneau (vieille fille), Poiret (vieillard pâle), Vautrin (faux rentier), Rastignac (étudiant), Goriot (ancien vermicellier), Mlle Taillefer (jeune fille déshéritée), etc. Une galerie de pauvres et de marginaux.
La description de la pension occupe près de 30 pages au début du roman. Pourquoi est-elle si longue ? Trois raisons :
❶ Elle plante le décor qui contiendra l'action.
❷ Elle caractérise les personnages par leur environnement (« le milieu fait l'homme »).
❸ Elle installe l'ambiance : pesanteur, médiocrité, déchéance.
C'est du Balzac pur : la description n'est pas décorative, elle est argumentative. Tout détail compte.
Balzac a découpé le roman en quatre grandes parties, chacune avec un titre. Ces parties suivent la progression du drame.
Voici les scènes incontournables à connaître pour l'examen :
On peut analyser le roman selon le schéma narratif classique :
Description de la pension. Rastignac, étudiant, vit chichement. Goriot est mépris.
Rastignac entre dans le monde : visite chez Beauséant, chez Restaud. Il découvre la haute société et le mystère Goriot.
Apprentissage de Rastignac. Tentation par Vautrin. Liaison avec Delphine. Arrestation de Vautrin. Apprentissage du Mal.
Agonie et mort de Goriot. Refus des filles. Enterrement misérable.
« À nous deux maintenant ! » Rastignac choisit l'ambition cynique. Le roman se termine au seuil d'une nouvelle vie.
Le roman ne se ferme pas vraiment. Il se termine au moment où Rastignac va commencer sa carrière. C'est très moderne : pas de morale clairement énoncée, pas de châtiment ni de récompense pour Rastignac. Le lecteur est laissé seul avec l'image du jeune homme qui défie Paris.
D'ailleurs, Balzac fera réapparaître Rastignac dans d'autres romans : il deviendra ministre, riche, puissant — mais vide. Le Père Goriot est l'acte premier d'une carrière dont on connaîtra la suite plus tard.
Chez Balzac, les lieux ne sont jamais neutres. Chaque endroit a une signification sociale et morale. Le roman se construit sur des contrastes spatiaux :
Le roman est structuré sur un mouvement vertical : monter de la pension Vauquer aux salons aristocratiques (ambition de Rastignac), ou descendre des salons à la pension (chute de Goriot).
La fin scelle ce mouvement : Rastignac, du haut du cimetière Père-Lachaise, regarde la vallée de Paris et défie la ville. Image finale puissante : il est au-dessus de la mort de Goriot, et il regarde son futur ascension. L'ambition triomphe sur le pied du tombeau du père.
Le drame de Goriot + l'apprentissage de Rastignac + les manœuvres de Vautrin. Les trois se croisent à la pension Vauquer.
« Une pension bourgeoise » → « L'entrée dans le monde » → « Trompe-la-mort » → « La mort du père ». Progression dramatique tendue.
30 pages de description initiale. La description n'est pas décorative — elle révèle les caractères et installe l'ambiance.
« À nous deux maintenant ! » Pas de morale fermée. Le roman se termine au seuil d'une nouvelle vie. Très moderne.
Pension Vauquer (bas) ↔ salons aristocratiques (haut). Monter = ambition. Descendre = chute. Le roman est un parcours vertical.
Pour situer un passage dans le roman :
❶ Si le passage décrit la pension Vauquer ou ses pensionnaires → début, partie 1.
❷ Si le passage est une visite chez Beauséant ou Restaud → début de partie 2, « entrée dans le monde » de Rastignac.
❸ Si le passage est un dialogue entre Vautrin et Rastignac → milieu, tentation.
❹ Si le passage est l'arrestation de Vautrin → fin de partie 3.
❺ Si le passage est l'agonie de Goriot → partie 4, climax tragique.
❻ Si le passage est au Père-Lachaise / « À nous deux maintenant » → tout dernier passage du roman.
Phrase-type : « Cet extrait se situe dans la [partie X] du roman, où Balzac [pose le cadre / décrit l'apprentissage de Rastignac / met en scène la chute de Goriot]. Il intervient juste après [événement] et juste avant [événement]. »
Vocabulaire technique :
• Description balzacienne = description longue, exhaustive, qui révèle le caractère par le milieu.
• Roman d'apprentissage = récit qui suit la formation morale et sociale d'un jeune héros.
• Climax = point culminant du drame.
• Dénouement = résolution finale du récit.