Caractériser un personnage, un lieu, un objet, c'est lui donner des traits, des qualités, des défauts. C'est peindre avec des mots. Cet outil est partout dans les récits étudiés : Voltaire caractérise pour critiquer, Khaïr-Eddine caractérise pour valoriser la mémoire, Balzac caractérise pour faire vivre tout un monde.
Caractériser, c'est attribuer des caractères (= des traits distinctifs) à un être ou à une chose. Quand un texte dit « Cunégonde était haute en couleur, fraîche, grasse, appétissante », il caractérise le personnage.
Pour repérer la caractérisation dans un texte, demande-toi : « Quels mots me disent comment est ce personnage / ce lieu / cet objet ? ». La réponse, ce sont les outils de caractérisation.
Le narrateur dit explicitement comment est le personnage. Il nomme les qualités.
Exemple : « Pangloss était le plus grand philosophe de la province. »
→ Le mot « plus grand philosophe » dit directement ce qu'il est.
Le narrateur montre sans dire. Le lecteur déduit à partir des actes, des paroles, des gestes.
Exemple : Goriot vend ses derniers couverts en argent pour payer ses filles.
→ On déduit qu'il est généreux, sacrificiel, aveuglé par l'amour paternel.
Une question fréquente est : « Comment l'auteur caractérise-t-il ce personnage ? ». La meilleure réponse cite des mots du texte ET indique s'il s'agit de caractérisation directe ou indirecte.
Le français offre plusieurs outils grammaticaux pour caractériser directement. Voici les plus fréquents.
L'outil le plus simple. Il s'accole au nom et le qualifie.
« Une vieille servante fidèle, silencieuse, dévouée. »
Un nom relié par une préposition (de, à, en…).
« Un homme de grande taille, à l'air austère. »
Une phrase qui commence par qui, que, dont, où et caractérise le nom qui précède.
« Bouchaïb, qui avait passé sa jeunesse à Marrakech, revenait au village. »
Un nom ou groupe nominal placé entre virgules pour préciser un autre nom.
« Rastignac, jeune étudiant ambitieux, observait la pension. »
Le verbe relie un nom à un attribut qui le caractérise.
« Candide était d'une simplicité d'esprit remarquable. »
L'auteur ne dit pas ; il fait voir. Le lecteur déduit.
Ce que fait le personnage révèle qui il est.
Goriot dort dans une mansarde misérable pour offrir le luxe à ses filles → père sacrificiel.
La manière de parler trahit le caractère.
Pangloss répète « tout est pour le mieux » dans les pires situations → aveuglement.
Un détail du corps, un tic, une démarche.
Goriot devient maigre, voûté, tremblant → déclin physique = déclin moral imposé.
Le lieu où vit le personnage, ses possessions.
La pension Vauquer, sale et puante → reflet de la déchéance de ses habitants.
L'auteur ne caractérise jamais innocemment. Il oriente le regard du lecteur : il fait aimer ou détester. C'est ce qu'on appelle la tonalité de la caractérisation.
Vocabulaire positif : noble, généreux, courageux, beau, sage…
Figures : hyperbole (exagération positive), métaphore valorisante.
Exemple : Bouchaïb décrit comme un « sage gardien de la mémoire ».
Vocabulaire négatif : laid, avare, vil, rampant, hypocrite…
Figures : caricature, animalisation, ironie.
Exemple : Voltaire décrit le baron de Thunder-ten-tronckh avec ironie pour ridiculiser la noblesse.
Quels mots décrivent ce personnage / ce lieu ? Souligne adjectifs, compléments, relatives.
Caractérisation directe ou indirecte ? Outil grammatical utilisé ?
Vocabulaire valorisant ou dévalorisant ? Le narrateur aime ou rejette ?
Pourquoi l'auteur caractérise-t-il ainsi ? Quel effet sur le lecteur ?
Caractériser = donner des traits. Deux modes : directe (on dit) et indirecte (on montre). Cinq outils grammaticaux principaux : adjectif, complément du nom, relative, apposition, attribut. Une caractérisation est toujours orientée : valorisante ou dévalorisante. Pour l'analyser : repérer → classer → évaluer → interpréter.