Un texte ne dit pas seulement quelque chose, il le dit d'une certaine manière. Cette manière, c'est la tonalité (ou registre). Elle colore le texte d'une émotion : on rit, on pleure, on s'indigne, on s'attendrit. Reconnaître la tonalité, c'est sentir le cœur battant du texte.
La tonalité (ou registre) est l'effet émotionnel que le texte cherche à produire sur le lecteur. Elle est créée par un ensemble de procédés : vocabulaire, figures de style, rythme, ponctuation, syntaxe.
La tonalité, c'est la couleur émotionnelle du texte. Comme un peintre choisit ses couleurs, l'auteur choisit ses tonalités pour faire ressentir quelque chose.
L'ironie consiste à dire le contraire de ce qu'on pense pour faire comprendre, par la moquerie, sa vraie pensée. C'est la tonalité maîtresse de Voltaire.
Le lecteur sourit, mais ce sourire est critique. L'ironie est l'arme du faible contre le fort, de l'esprit contre le pouvoir.
« Rien n'était si beau, si leste, si brillant, si bien ordonné que les deux armées. » — pour décrire la guerre.
→ Voltaire dit « beau », mais montre le carnage. Antiphrase dénonçant la guerre.
La satire est une critique moqueuse et virulente des défauts, des vices, des institutions. Elle ridiculise pour dénoncer.
Le lecteur rit du défaut décrit, mais ce rire mène à la réflexion critique.
Le baron de Thunder-ten-tronckh, fier de ses 71 quartiers de noblesse, dans son château misérable.
→ Satire de la vanité nobiliaire.
La polémique attaque frontalement, avec véhémence et virulence. Elle vise à convaincre par la force et l'indignation.
Le lecteur est secoué, indigné, poussé à prendre parti.
L'épisode de l'esclave de Surinam : « C'est à ce prix que vous mangez du sucre en Europe. »
→ Polémique violente contre l'esclavage colonial.
Le lyrisme est l'expression intense des sentiments personnels : amour, joie, mélancolie, nostalgie. C'est la tonalité du cœur qui chante ou qui pleure.
Le lecteur partage l'émotion, vibre avec le narrateur ou le personnage.
Les évocations nostalgiques de Bouchaïb sur la jeunesse, le village, les contes berbères.
→ Lyrisme de la mémoire et de la nostalgie.
Le tragique met en scène un destin inéluctable, une fatalité qui écrase l'homme. Le héros lutte, mais il est perdu d'avance.
Le lecteur ressent la terreur et la pitié. Catharsis.
L'agonie de Goriot, abandonné par ses filles, mort dans la solitude.
→ Tragique du père sacrifié, de l'amour absolu trahi.
Le pathétique cherche à émouvoir, à faire pitié. Il met en scène la souffrance pour qu'elle nous touche.
Le lecteur est ému, compatissant, parfois en larmes.
Goriot mourant, en délire, appelle ses filles qui ne viennent pas.
→ Pathétique de l'amour paternel non payé de retour.
Quelle est la première émotion que je ressens ? Rire ? Tristesse ? Colère ?
Champ lexical dominant : amour ? mort ? combat ? mépris ?
Antiphrase ? Hyperbole ? Métaphore ? Antithèse ?
Ironique, satirique, lyrique, tragique, pathétique, polémique…
Plusieurs tonalités peuvent se mêler. Candide est à la fois ironique, satirique et polémique. Le Père Goriot est à la fois tragique et pathétique. Précise toujours laquelle domine.
Six tonalités principales à connaître pour le bac : ironique (dire le contraire), satirique (ridiculiser), polémique (attaquer), lyrique (chanter ses sentiments), tragique (destin inéluctable), pathétique (émouvoir, faire pleurer). Voltaire = ironique/satirique/polémique. Khaïr-Eddine = lyrique/nostalgique. Balzac = tragique/pathétique.